Fiche d’élevage: les escargots géants africains des genres Achatina, Archachatina, Limicolaria et Lissachatina

Règne: Animalia
Embranchement: Mollusca
Classe: Gastropoda
Sous-classe: Pulmonata
Ordre: Stylommatophora
Famille: Achatinidae

  • Genre: Achatina (Lamark, 1799)
  • Genre: Archachatina (Albers, 1850)
  • Genre: Limicolaria (Schumacher, 1817)
  • Genre: Lissachatina (Bequaert, 1950)

Ces quatre genres d’escargots géants d’Afrique sont les plus représentés en terrariophilie, même si d’autres nombreux genres font partie de la famille des Achatinidae (Lignus, Pseudachatina, Metachatina, Columna, Callistoplepa…)

Description et habitat
Les Achatinidae sont une famille de grands escargots à coquille pointue vivant dans quasiment toutes la zone tropicale du globe (la zone orange sur la carte ci dessous).
En général ils sont capables de s’adapter à des milieux très variées tels que les terres agricoles, les littoraux, les forêts, les zones péri-urbaines tant qu’ils trouvent deux paramètres très importants: la chaleur et l’humidité.

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La zone chaude du globe ( = zone tropicale, en orange)

Ces escargots sont surtout connus, selon les espèces, pour leur taille conséquente (une bonne vingtaine de centimètres de coquille pour certains d’entre eux) et leur poids pouvant dépasser les 500 grammes.
Bien sûr toutes les espèces ne font pas des records de taille, certaines restent relativement petites à l’âge adulte (entre 5 et 7 cm de coquille pour les Limicolaria par exemple).
Ce sont des animaux nocturnes qui ont tendance à s’enfouir dans le substrat durant la journée.

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Anatomie d’une achatine

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Maintenance
Les escargots géants n’ont pas des animaux « difficiles », ce qui ne les empêche pas d’avoir certains besoins spécifiques à respecter.

Pour les espèces de grande taille (Lissachatina, Archachatina, Achatina) un terrarium de 50x40x40cm semble un bon compromis pour un couple, les espèces plus petites comme les Limicolaria peuvent se contenter d’un terrarium de 30x30x30cm (toujours pour un couple).
Il est possible d’utiliser de grands bacs de rangement en plastique pour leur élevage, il suffit de les percer pour assurer une bonne ventilation et un renouvellement de l’air correct (faites des trous plus petits que la taille des bébés de l’espèce élevée).

Il existe un calculateur en ligne (en anglais), il vous donnera une idée du nombre d’escargots conseillés dans un bac de X taille suivant l’espèce ou la taille de coquille, et à l’inverse la taille de bac nécessaire au maintien de X escargots.
Vous trouverez ce calculateur ICI

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Archachatina marginata ovum, une très grande espèce

Ce sont des animaux d’origine tropicale, il faut donc leur apporter une source de chaleur par câble ou tapis chauffant, à moins que vous n’ayez la chance de disposer d’une pièce d’élevage chauffée. Je déconseille l’utilisation d’ampoules chauffantes qui ont tendance à assécher fortement les modules d’élevage.
Quelque soit le moyen de chauffage choisi n’oubliez pas d’utiliser un thermostat pour éviter toute surchauffe.
Une température le jour de 26 à 28°C et une baisse à 22°C la nuit semble une bonne moyenne, qu’il faudra cependant adapter aux spécificités de certaines espèces.

Concernant le substrat il faut s’orienter vers quelque chose qui retient bien l’humidité et qui est facilement creusable comme l’humus de coco, la tourbe est aussi utilisé mais du fait de son acidité j’ai lu plusieurs articles et des discussions sur des forums sur le fait qu’elle peut abîmer les coquilles des escargots. Une bonne épaisseur est nécessaire (5 à 10 centimètres).

On maintiendra dans les bacs une humidité d’environ 80-90% grâce à une ou deux pulvérisations quotidiennes. Le cycle jour-nuit est assuré par la luminosité ambiante de la pièce d’élevage.

 

 

 

 

 

 

Alimentation
Ce sont des animaux omnivores qui sont très faciles à nourrir en captivité.
L’alimentation sera composée de légumes (courgette, carottes, concombres, radis…), de fruits (pomme, poire…), de croquettes pour chiens humidifiées ou pas, de paillettes ou granulés pour poissons…
Concernant les croquettes il vaut mieux s’orienter vers des croquettes sans supplémentation de vitamine D3, néfaste pour les escargots (vérifiez les compositions).
Il est aussi possible de leur donner des graines germées (pois chiches, alfafa…) qui ont de très bonnes propriétés nutritionnelles contrairement aux graines sèches.
Par contre il faut éviter les aliments trop acides ou trop riches en amidon ( légumineuses sèches, tubercules comme le topinambour, pommes de terre, céréales, agrumes…)

Il est nécessaire (et obligatoire) de leur apporter une source de calcium afin qu’ils développent correctement leur coquille mais aussi la coquille de leurs œufs.
On peut leur mettre à disposition un os de seiche dans le bac, il est aussi possible d’introduire dans leur alimentation des coquilles d’œufs ou d’huîtres pillées.

 

Voici la vidéo d’un escargot petit-gris (Helix aspera) qui mange le cadavre d’un ver de terre. Cela montre bien que les escargots que l’on croit en général 100% végétariens sont en fait beaucoup plus opportunistes en milieu naturel, et ont une alimentation variée.
Il faut que cette alimentation soit tout aussi variée lorsque nous les maintenons en captivité afin d’éviter toute carence et les garder en pleine santé.

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Archachatina purpurea albinos ©Snailykasus

Manipulation
Il est parfois nécessaire de manipuler ses escargots pour le nettoyage du bac, le changement de nourriture…
Lors de la saisie, il vaut mieux les prendre vers l’extrémité de la coquille, où elle est le plus solide, et soutenir le pied avec l’autre main. Assurez vous que la partie avant (le bord de la coque) ne soit pas abimé et évitez absolument d’y toucher, c’est où la croissance se produit (bande de couleur pâle), et cette partie de la coquille est très fragile.

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Lissachatina zanzibarica « Pink Top » avec leurs bébés ©Snailykasus

Reproduction
Les escargots sont des animaux hermaphrodites, c’est à dire qu’il possèdent à la fois les organes sexuels féminins et masculins. Mais ils ne peuvent pas se reproduire seuls pour autant, il faut qu’ils soient deux.

La maturité sexuelle (qui est différente de l’atteinte de la taille adulte) peut être atteinte rapidement, environ 6 mois chez les Limicolaria et les Lissachatina, entre 12 et 24 mois chez l’autres genres comme Achatina et Archachatina.

La taille des œufs et leur nombre lors de la ponte varie suivant les genres, Lissachatina et Achatina peuvent pondre de 100 à 500 œufs ronds de 5-8mm de diamètre, chez Limicolaria 20 à 60 oeufs ronds de 3-5mm de diamètre et Archachatina de 5 à 25 œufs ovales de 10-25mm de long.

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Différence de taille des œufs chez Archachatina (gauche) et Achatina (droite) ©Petsnails

Il est possible de laisser les œufs incuber dans le terrarium des adultes, néanmoins par soucis pratique et par sécurité il est conseillé d’effectuer l’incubation dans un petit contenant à part, sur substrat humide mais pas détrempé et maintenu à la même température que les adultes.

Les jeunes éclosent après environ deux semaines (Lisschatina, Limicolaria), trois semaines (Achatina) à six semaines (Archachatina). Après l’éclosion, ils commencent à manger les coquilles de leurs œufs. Dès la naissance ils ont accès à la même nourriture que les adultes.

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Bébés Lissachatina fulica (gauche) et Archachatina marginata (droite) ©Pardalis21

Certaines espèces comme Lissachatina iredalei ne pondent pas d’œufs mais sont vivipares, ils donnent naissance à des petits totalement formés.

Des escargots invasifs
Lissachatina fulica étant extrêmement prolifique en termes de reproduction, une gestion irresponsable, comme le relâcher dans la nature, peut avoir des conséquences catastrophiques pour la flore et la faune locales. Entre septembre 2011 et janvier 2012, 35000 Lissachatina fulica ont été répertoriés dans la région de Miami. Le mollusque avait déjà envahi par le passé Miami ainsi que la Guadeloupe, la Martinique et d’autres pays des Caraïbes. La première irruption de l’espèce daterait selon l’AFP de 1966, lorsqu’un adolescent a ramené dans ses valises trois de ces escargots. Sa grand-mère les aurait libérés dans la nature. De ces trois spécimens naquirent 18 000 individus, dont l’éradication nécessita, à l’époque, neuf ans et un million de dollars.
L. fulica a aussi été retrouvé en Australie.

Lavez vous bien les mains après manipulations et entretien des bacs !

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Différence de taille chez les adultes entre A. marginata (gauche) et L. fulica (droite) ©Pardalis21

Risques de Santé Publique et méningite
Lissachatina fulica est un des vecteurs du nématode Angiostrongylus cantonensis, le ver rond responsable de la méningo-encéphalite éosinophilique chez les humains, dont l’expansion correspond à celle de l’escargot (d’autres espèces d’escargots introduits dans les régions tropicales transmettent également ce parasite). Toutefois, les transmissions à l’homme sont extrêmement rares et ne concernent que les escargots prélevés dans la nature. Les spécimens nés en captivité ne peuvent être porteurs de ce nématode, dont le développement nécessite un vecteur mammifère présent dans l’environnement naturel des escargots exotiques.

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Cycle de Angiostrongylus cantonensis

Inversement, il peut être utilisé comme bio-indicateur pour mesurer la pollution. L’Académie des sciences russes a en effet mis au point une technique pour équiper des Achatina d’appareils à fibre optique qui contrôlent leur motricité et leur rythme cardiaque, deux paramètres corrélés au niveau de pollution des fumées.

Notes sur l’achatiniculture
L’achatiniculture désigne l’élevage d’escargots de la famille des Achatinidae (il s’agit d’une branche de l’héliciculture). Une personne qui pratique cette activité est un achatiniculteur. Les espèces élevées en général sont Archachatina degneri, A. marginata, Achatina achatina et L. fulica. L’achatiniculture a pour objet principal la production de viande à destination de l’alimentation humaine et porcine. Cet élevage se pratique surtout en Afrique de l’Ouest, où il a été développé pour limiter le prélèvement des escargots in natura, en effet ces escargots sont une viande de brousse très appréciée en Afrique mais la cueillette a tendance a avoir un impact très négatif sur certaines espèces.

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Vendeuse de « bobos » au Ghana ©I Astier

Sources
Wikipedia
Le site d’Aimé Césaire
– Le site Snailykasus, suivez aussi Céline sur sa page Facebook
– Le site le lutin savant
– Le site tortues du monde
– Le site Petsnails
– Le site Landsnails
– Le site de Lady Escargoth

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