Fiche d’élevage du Phelsuma grandis (Gray, 1870), le gecko géant diurne de Madagascar (anc. P. madagascariensis grandis)

Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Reptilia
Sous-classe: Lepidosauria
Ordre: Squamata
Sous-ordre: Sauria
Infra-ordre: Gekkota
Famille: Gekkonidae
Genre: Phelsuma
Espèce: Phelsuma grandis (Gray, 1870)

Noms vernaculaires: phelsume, gecko diurne géant de Madagascar, Madagascar giant day gecko.

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Adulte ©aluarts

Cette espèce a longtemps été connue comme Phelsuma madagascariensis grandis, on le trouve encore sous ce nom parfois en bourse ou chez les éleveurs.
Longtemps considéré comme une sous-espèce de Phelsuma madagascariensis, il a été élevé au rang d’espèce par Raxworthy et al. en 2007.
Ce changement a été validé par une révision des Phelsuma malgaches basé sur des données génétiques et phylogéniques par Rocha et al. en 2010.

Distribution
Phelsuma grandis est strictement endémique du Nord de l’île de Madagascar

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Aire de répartition de l’espèce Phelsuma grandis selon l’UICN

Description
Cette espèce mesure entre 25 et 30 cm, c’est une des plus grandes espèces du genre.
Sa coloration générale est verte sur le dessus, deux bandes rouges entre les narines et les yeux sont caractéristiques. Des taches de cette couleur ornent également le dessus de l’abdomen. La partie distale des doigts est marron.

Ils peuvent développer de renflements de chaque côté du cou, ce sont des poches calciques qui servent au stockage du calcium.

L’espérance de vie est d’une dizaine d’années.

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Sacs calciques chez un adulte ©der LichtKlicker

Comportement
Ce sont des geckos diurnes, actifs et peu craintifs qui se laissent facilement observer.
Cette espèce est arboricole stricte qui en milieu naturel vit dans les arbres de la forêt primaire où l’humidité est élevée, mais également à proximité des habitations.

Tous les Phelsuma possèdent un capacité à l’autotomie généralisée (ils sont donc capable de se séparer de la queue comme beaucoup de lézards, mais ils peuvent aussi se séparer de toute fraction de peau) ce qui rend très difficiles toutes manipulations, qui d’ailleurs sont génératrices de stress et donc déconseillées au maximum.

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Détail des setæ ©Anja Voß

Terrarium
On logera cette espèce dans un terrarium arboricole de type tropical d’environ 50x50x100cm pour un individu, 50x100x100cm pour un couple. Il faut éviter de maintenir des individus du même sexe ensemble, les mâles étant très agressifs entre eux, de même que les femelles.
L’espèce nécessite de nombreux supports (lianes, souches, branches, plantes) artificiels ou naturels, on peut utiliser comme substrat de la tourbe ou de l’humus de coco qui ont l’avantage de bien retenir l’humidité.

Une température de 29-30°C au point chaud et 24-25°C au point froid est adaptée.
Le chauffage du terrarium peut être assuré par un câble chauffant ou un spot halogène d’environ 50W (attention les spots assèchent fortement les terrariums).
La nuit la température est abaissée à 18-20°C.
Une hygrométrie d’environ 75-80% est assurée par des vaporisations régulières (automatiques ou manuelles), il est possible de faire des pics d’humidité en début de soirée.

Un éclairage UVB de 5% est indispensable pour cette espèce diurne.

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Adulte mangeant sa mue ©Manchester Museum

Alimentation
Phelsuma grandis est une espèce insectivore et frugivore.
Tous les insectes sont généralement acceptés sans difficulté (grillons, de jeunes criquets migrateurs, blattes comme Blaptica dubia, Nauphoeta cinerea…, vers de farine en petite quantité, teignes de ruches ponctuellement)
La variété de l’alimentation est la base d’une alimentation sans carences.

Côté fruits il est possible de donner des petits pots pour bébé sans sucres ajoutés ou des compotes de fruits maison à base de pomme, banane, pêche… en évitant les agrumes et autres fruits trop acides comme le kiwi. Pour éviter le gâchis on peut se servir d’un bouchon de bouteille comme doseur, même préparer plusieurs bouchons pleins que l’on congèlera et que l’on sortira au fur et à mesure des besoins.
Ils apprécient aussi un peu de miel dans une coupelle, in natura ils consomment également du nectar de fleurs.

Une supplémentation en calcium (1x/semaine pour les adultes et 2x/par semaine pour les juvéniles) et indispensable, de même qu’une supplémentation en vitamine D3 aux mêmes fréquences.
Les compléments sont saupoudrés sur les insectes, il est possible d’utiliser du carbonate de calcium (en pharmacie) qui coûte beaucoup moins cher que les marques spécifiques.

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Nourrissage ©aluarts

Sexage des individus
Les mâles possèdent des pores fémoraux que les femelles n’ont pas ce qui permet le sexage des individus et ont des sacs calcique moins importants en général.

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Dimorphisme sexuel ©animogen

Reproduction
Il faut que le couple soit mature, surtout la femelle sexuellement parlant, à environ 24 mois, pas moins.
On pourra les faire hiverner pendant l’hiver avant la saison pour les stimuler, pour cela une petite baisse au point chaud de 24/25°,C moins de fruits et plus de pulvérisations (saison des pluies en hiver dans le milieu naturel).
La femelle pond deux œufs par ponte (qui devront être placés dans l’incubateur très rapidement) elle peut en faire plus d’une vingtaine par année, les œufs ne sont pas collants, et seront pondus le plus souvent, dans le substrat, plantes et dans des cavités.
La femelle refusera de se nourrir quelques jours avant la ponte.
L’incubation des œufs se fait durant 50 à 65 jours environ à une température comprise entre 28 et 31°C, entre 26°C et 28°C on aura un sex ratio de femelles très elevé, entre 29 et 31°C on obtiendra une majorité de mâles.
Le mâle sera séparé de la femelle quelques temps pour éviter le stress dût a trop de reproduction ou domination
Les petits mesurent environ 6 a 7cm et seront nourris avec des micros grillons, ils sont maintenus avec les mêmes paramètres que les parents.

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Éclosion ©aluarts

Formes
C’est l’une des espèces pour laquelle on trouvera le plus de formes, Hig Blue, High Red…

Protection
Il fait l’objet d’un trafic illégal d’animaux pour l’exportation vers d’autres pays, via la Belgique notamment, en dépit des efforts du Réseau Trafic, du Secrétariat de la CITES et du soutien du Fonds de Partenariat pour les Écosystèmes Critiques (Critical Ecosystem Partnership Fund).
Les études faites dans le cadre du projet de la convention de Washington « Étude du commerce important » ont montré, au vu du niveau des exportations de certaines espèces malgaches, que « trop souvent les exportations ont été autorisées sans connaissance des impacts éventuels sur la conservation ».

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Juvéniles ©aluarts

Sources
Wikipedia
– Le site Shadow Passion
– Le site Day Geckos
– Le site Animogen
– Le forum Phelsuma France
La galerie Flickr de Anja Voß
La galerie Flickr de aluarts
La galerie Flickr de Manchester Museum
La galerie Flickr de der LichtKlicker

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